Mail écrit ce matin à Denis, et sa réponse.
Bonjour, cher Denis,
Ce matin j'ai écrit un petit texte de réflexions, puis j'ai ressenti l'envie de te l'envoyer, mais j'ai ressenti en même temps que tu me disais " pourquoi tu ne le livres pas ? " et toc ! bien sûr, le poser sur mon blog... j'ai vu la résistance à m'exposer ainsi... mais je vide toutes mes objections, et je reste un peu étourdie devant mon audace.
Je ressens alors la profondeur de l'humilité, c'est a dire de donner simplement, sans question , sans retour, sans attente...
Si je te livre le fond de mon coeur, je me sens comme crucifiée, seule, face à face avec l'inconnu, rejetant toute l'illusion des fausses consolations, juste en Présence "live"...
Je t'envoie donc ce petit texte matinal, et je vois avec étonnement que tout cela est déjà si entendu... pourtant j'ai l'impression ce matin de tout découvrir nouveau et vivant en moi.
Je t'embrasse, à bientôt.
Irina
La racine du chercheur c'est le manque. Le manque est créé par l'illusion de séparation.
La Présence du Coeur comble instantanément tout manque, alors pourquoi je ne m'y abandonne pas totalement ?
À cause de l'habitude de nourrir mon image de valorisations, d'agitation et de distractions ciblées .
Je sais en profondeur que l'énergie déployée ainsi active ce personnage et le maintient en vie, le laisser sous-alimenté, immobile, seul, représente sa mort !
Il est temps de Voir que la Présence est libre de la mort, alors, avec l'humilité du renoncement, la tendresse toute maternelle qui chasse les cauchemars, et l'énergie d'Amour du coeur, rester tranquille dans la Présence " live".
C'est le suicide conscient du chercheur, qui découvre une force inéluctable pour agir ainsi.
Chère Irina,
Voilà, je survole à peine ton texte et, déjà, me vient la réflexion suivante. Pourquoi, pourquoi, rester encore dans cet esprit conceptuel ? Pourquoi tordre et détordre ces concepts de "chercheur", de "personnage" "d'abandon", etc. ?
"Il est temps de Voir que la Présence est libre…" Oui, oui, Irina, il est temps ! Et, il n'est plus nécessaire de regarder en arrière ! La Présence s'actualise indépendamment de tous ces bavardages, de tous ces constats, de toutes ces explications. Nous ne sommes pas notre esprit, tu te souviens ! La vérité est dans cet instant vif, dans cette communion à la vie, à la fois dans le cœur, mais aussi dans l'expérimentation du monde qui nous entoure. Notre nature est non-conceptuelle. Elle est déjà ainsi, elle n'a pas besoin de nous pour le devenir. Elle est comme le miroir qui réfléchit spontanément, sans se poser de questions.
Vis la pure Présence… Vis la douceur d'être chez soi, en amitié avec Dieu… Respire, marche dans ce Ciel sans tâche, dans ce Jardin simple et lumineux…
Il n'y a pas besoin de s'inquiéter, de tenter de résoudre un problème.
Plus nous vivons la Présence, plus la "différence" entre elle et nous “disparaît”. Elle peut tout aussi bien disparaître d'un coup, puisqu'elle n'est que le fruit de notre imagination.
Je t'embrasse, Denis
ps : Tu peux publier ma réponse si tu veux !
